jeudi 29 avril 2010

Le concours des foetus de Paques continue, où sera caché le prochain?

Le corps sans vie d'un bébé trouvé sur une aire à Belin-Beliet
Le petit corps a été abandonné dimanche dans les toilettes d'une station-service sur la RN 10.
Sud Ouest du jeudi 29 avril

Le choc et l'écœurement. Dimanche avant l'aube, un employé de la station-service Esso du Val de l'Eyre, située sur la N 10 à Belin-Beliet, a découvert le corps sans vie d'un bébé dans une cuvette des toilettes. Nu et abandonné. « Je travaillais. La journée a été longue et ne s'est pas passée comme une journée normale », confie sobrement une salariée d'Esso encore émue. Une respectueuse discrétion a été observée par tous les employés autour de cette découverte macabre.

L'alerte a été donnée très rapidement, ce qui a permis aux gendarmes de se mettre tout de suite à la recherche de clients ayant fait une halte à la pompe à essence, comme à la boutique ou aux toilettes de la station.

Né viable et à terme

Mais dimanche était un jour d'affluence sur la route. Pour cause de grève à la SNCF et de trafic aérien perturbé par le nuage de cendres islandais, de nombreux bus ont été affrétés pour permettre aux touristes de rejoindre leur lieu de villégiature ou de regagner leur domicile. Et de nombreux vacanciers avaient choisi de prendre le volant pour être certains d'arriver à bon port.

Les gendarmes ont donc tenté de retrouver un bus qui s'était arrêté peu de temps auparavant sur l'aire située dans le sens Espagne-Paris. Ils en ont contrôlé d'autres. En vain.

L'enquête s'annonce délicate et difficile. Elle a été confiée à la section de recherches de Bordeaux. De nombreuses questions restent en suspens. S'agit-il d'un déni de grossesse ou d'une manœuvre délibérée pour se débarrasser d'un enfant encombrant ? La mère a-t-elle accouché dans les toilettes ou peu de temps auparavant dans un véhicule ?

Une autopsie, pratiquée lundi sur ordre du parquet sur le petit corps, a révélé que l'enfant était un petit garçon et qu'il était né à terme et viable. Il a donc été tué après sa naissance.

Une exploitation des images de vidéosurveillance de la station-service est en cours. Elle pourra peut-être renseigner les enquêteurs sur un achat insolite dans la station-service ou mettre un visage sur une femme qui se serait attardée dans les toilettes.

Une information judiciaire devrait être ouverte contre X en fin de semaine. Pour homicide volontaire sur mineur de quinze ans par ascendant. Infanticide.

mardi 27 avril 2010

Le rugby un sport de brute pour des Gentlemen...

Ce que je ne lis pas dans cet article de la dépêche du midi du 27 avril, c'est que Momo s'est fait éclaté à coup de poings...

Graulhet. Le rugbyman écroué pour homicide

Après avoir passé la nuit de vendredi à samedi en garde à vue au commissariat de Graulhet, Alexis Bacanov, meurtrier présumé de Maurice Brayette dit « Momo », soigneur de l'équipe de rugby de Graulhet, a été déféré au parquet de Castres hier en début de matinée puis transféré au pôle de l'instruction criminelle à Toulouse où il a été présenté à Francis Boyer, procureur de la République au tribunal de grande instance de la ville. Alexi Bacanov a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué dans la foulée à la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne). Une information judiciaire a également été ouverte.

Dans les trois villes tarnaises de Graulhet, Gaillac ou Saint-Sulpice pour lesquelles Alexi Bacanov avait successivement défendu les couleurs au sein des équipes de rugby, l'émotion était très vive hier matin, lorsque la nouvelle a essaimé (lire les réactions ci-dessous). Mais c'est surtout à Graulhet où « Momo » résidait et plus particulièrement au sein du Sporting club qu'il portait dans son cœur depuis toujours, que les mots et les phrases avaient du mal à sortir de la bouche de ses amis. Des mots et des phrases forcément dérisoires.
« Momo » Brayette, le cœur sur la main

Hier à Graulhet toute la ville commentait le terrible drame qui s'est noué jeudi soir. Michel Giraud, un fidèle du club des supporters est l'un des derniers à avoir vu et servi « Momo » Brayette qui ce soir-là, a dîné à la table des entraîneurs et des dirigeants. « Il est parti en nous disant qu'il ramenait Yoyo, le soigneur de l'équipe 2 chez lui, non loin de la place Bosquet. Comment ensuite s'est il fait entraîner chez Bacanov dont il connaissait le caractère ? C'est vrai que Momo n'avait peur de rien », reconnaissait Michel Giraud avant d'ajouter : « C'est une catastrophe pour tout le monde. C'est d'autant plus terrible que personne ne lui connaissait d'ennemis. Momo était un brave type. Pour moi, et compte tenu de la passion pour un club que nous partagions, c'était un demi-frère ».Errant dans le club-house comme une âme en peine, Jean Pierre Salvignol, un autre bénévole de l'amicale des supporters, était effondré. « C'est affreux, j'ai très mal ! » consentait-il.
Des crêpes pour mardi gras

Une anecdote situe bien l'implication désintéressée de l'ancien boulanger : pour Mardi Gras, il avait confectionné 500 crêpes qu'il avait offertes aux joueurs et dirigeants un soir de semaine après l'entraînement. « Quand ce n'était pas des quiches ou des gâteaux. » Se souvient Benoît Bellot le co-entraîneur. « En tant que soigneur, il était toujours disponible et faisait plaisir à tout le monde. Il répondait à toutes les sollicitations. Il avait le cœur sur la main. Tous les joueurs, ont été très sensibles à ce qui s'est passé. Inutile de préciser que lors du match à venir face à Lavaur dans 8 jours, il y aura énormément d'émotion ». En attendant les joueurs ont annulé leur soirée qui était prévue hier soir au forum. Le cœur n'est pas à la fête. G.D.
«Je peux faire une connerie si je ne prends pas mes médicaments»

22 heures, vendredi, au club house du rugby à St-Sulpice. L'ambiance est à la consternation : Alexi Bacanov, le pilier de l'ASSR a tué le soigneur de Graulhet. « Avant tout, joueurs, dirigeants, entraîneurs, supporters, nos pensées vont vers la victime et sa famille », énonce, visiblement éprouvé, David Tonon, co-entraîneur. Avec son homologue Olivier Bonvoisin, ils connaissent bien Bacanov. Il aurait dû être avec eux, à l'entraînement ce soir. « Nous avons joué ensemble à Gaillac, jusqu'en 2007, avant de rejoindre St-Sulpice. Nous savions qu'Alexi était très instable. Il disait souffrir d'une maladie bipolaire. Quand il prenait ses médicaments, c'était un homme et un joueur sans problème », indiquent-ils. Dans leurs propos, à aucun moment, ils n'excusent le geste de leur coéquipier. Ils cherchent simplement à comprendre.

Stéphane Marty, le capitaine, ancien de Gaillac également, a du mal à trouver ses mots : « Je suis atterré. Je connais un des fils de la victime et j'imagine la souffrance de ses proches. Quant à Alexi, son physique impressionnant faisait peur à beaucoup. Mais, franchement, lors de la saison 2009, il était plus un élément pondérateur sur le terrain, qu'un excité ». David Tonon est certainement une des personnes qui l'a le plus connu : « C'est sûr, il était souvent en détresse. Dès que je le voyais, je lui rappelais qu'il devait suivre son traitement. Un jour, il m'a avoué : '' Je peux faire une connerie, si je ne prends pas mes médicaments'' ». En début de saison, une décision de la commission de discipline l'éloigne du rugby 150 jours, pour bousculade d'un arbitre. Sans travail, divorcé, Bacanov a-t-il continué à suivre scrupuleusement les prescriptions médicales indispensables à sa santé mentale ? « Le club était le lieu qu'il lui restait pour avoir encore une vie sociale », conclut David Tonon.
Hubert Mauillon : « Alexi aurait dû être soigné plus énergiquement »

Hubert Mauillon, alors président de l'UAG, est allé chercher Alexi Bacanov à Graulhet, pour renforcer le pack lors de la montée en Fédérale 1. « Sur le terrain, il a joué son rôle : il avait une force exceptionnelle, il en imposait, sécurisait ses partenaires et impressionnait les adversaires ». Le chef d'entreprise a employé ensuite Alexi Bacanov pour des travaux de maintenance à l'hypermarché. « Il avait des doigts en or, il est très doué pour le travail manuel ». Un temps d'arrêt… « Mais, depuis son divorce, il était comme perdu. Je crois qu'il n'avait plus tous ses repères ». Hubert Mauillon se dit en colère. Il en veut « aux failles du système médical ».

Le temps de respirer profondément. « On a fait une quantité d'alertes, sa femme comme moi… Il m'a toujours respecté, mais je mesurais le danger lié à sa schizophrénie.J'ai appelé plusieurs fois les services sociaux, la police. Il n'y a pas si longtemps, Magda, son ex-épouse a dû s'enfuir en pleine nuit, quand Alexi est venu chez elle.

Les incidents se sont succédé.Ce qui est arrivé dans la nuit de jeudi, malheureusement, c'est un résultat que je qualifierai d'envisageable, pour qui connaissait son état. Je pense beaucoup à la victime, à sa famille. Et aussi aux enfants d'Alexi, notamment son fils, que j'ai vu vendredi matin, en état de choc. Alexis aurait dû être suivi médicalement de beaucoup plus près, soigné plus énergiquement, et contrôlé très régulièrement. Au lieu de ça, on l'a laissé s'enfermer dans une spirale infernale ». Dans le milieu des joueurs de l'UAGR, on garde le souvenir d'un garçon « affable, gentil, bon copain », mais « capable d'écarts ». « On savait qu'il ne fallait pas le brancher, qu'il pouvait réagir violemment ».

Un pilier, compagnon de joug d'Alexi, raconte qu'il a désamorcé plusieurs fois des risques d'incidents en troisième mi-temps. « On a expliqué à ceux qui le cherchaient qu'ils feraient mieux de choisir une autre cible. On leur a sans doute économisé une dérouillée ».

vendredi 23 avril 2010

Les homosexuels de Couy, disparus et retrouvés morts, avaient été enterrés vivants

Guy Bordenave et Luc Amblard, un couple de Couy, retrouvés ensevelis à La Charité-sur-Loire en juin 2009, ont été enterrés vivants. Ce matin, une reconstitution s'est déroulée sur les lieux de leur calvaire, en présence des auteurs présumés des faits.

L'horreur jusqu'au bout. Guy Bordenave et Luc Amblard ont vécu un véritable supplice dans la nuit du 7 au 8 mars 2009.

Après des mois de recherches et la mise en examen de Claude Juillet et Christophe Raye, pour « enlèvement, séquestration suivis de la mort des victimes », puis leur placement en détention, les corps des deux victimes étaient retrouvés le 4 juin 2009.

Une scène qui a marqué les enquêteurs : les deux corps avaient été enterrés dans un trou d'un mètre de profondeur et de plus de deux mètres de long, creusé sur les bords de la Loire, à La Charité-sur-Loire. Les deux hommes, assis, se faisaient face, les mains attachées avec des liens de plastique et la bouche bâillonnée avec du ruban adhésif large.

Ce matin, c'est notamment sur cette horrible scène que le juge d'instruction Lallois, en charge du dossier, a voulu revenir lors de la reconstitution. Une question reste à trancher : qui a participé à la mise en terre des deux hommes ?

Les deux mis en examen ont des versions divergentes. C'est ce qu'a confié le parquet de Bourges aujourd'hui : « L'un dit qu'il n'était pas présent au moment de la mise en terre ». Christophe Raye a en effet indiqué que Claude Juillet l'avait laissé au bout du pont de la Charité et qu'il était allé en ville, boire un verre. Ce que réfute Claude Juillet.

Ce matin, la reconstitution a débuté, vers 10 heures, dans les petites rues de la ville, histoire de vérifier si Christophe Raye y est vraiment venu ce dimanche 8 mars. Dans la foulée, juge, procureur, avocats, mis en examen et gendarmes se sont transportés vers les bords de Loire, où le trou dans lequel les deux victimes avaient été retrouvées, a été recreusé mercredi. « Ce trou avait été creusé environ cinq jours avant la mise en terre, par l'un ou les deux mis en cause », a indiqué Eric Mathais le procureur de la république.

Que s'est-il passé sur ce bord de Loire ce dimanche 8 mars ? « Les deux mis en cause, deux amis, sont allés au domicile du couple, à Couy, le samedi en fin de soirée. Les deux victimes ont été attachées, l'une a été frappée avec un fusil. La maison a été fouillée, des cartes bancaires qui ont ensuite été utilisées et des ordinateurs portables ont été volés. Puis les deux victimes ont été emmenées, en fourgon, à la Charité vers 5 heures du matin » a poursuivi le procureur.

Sur les bords de la Loire, seul Claude Juillet, qui reconnaît sa présence, a donné des indications : « Lui dit qu'ils y étaient tous les deux avec les victimes. Le fourgon a été garé à environ vingt mètres du trou. Il n'y aurait pas eu de violence, pas d'usage d'arme. Les deux victimes sont descendues dans le trou. Elles n'ont apparemment pas crié, ne se sont pas débattues, comme si elles étaient résignées. Elles se sont vues mourir », lâche le procureur, le visage fermé.

L'autopsie a d'ailleurs confirmé que le couple est mort d'asphyxie liée à l'ensevelissement, et que les victimes n'avaient ingéré ni alcool, ni drogue, ni médicaments.

Le fourgon est ensuite reparti vers la station de lavage de La Charité afin d'enlever toute trace de terre et de boue.

Reste désormais une interrogation. Qu'est-ce qui a pu engendrer un tel enchaînement de cruauté ? Hier soir, le procureur a avancé deux pistes : « Soit c'est purement crapuleux et les deux hommes venaient chercher de l'argent. Soit c'est lié au fait que la soeur de l'une des victimes avait une relation avec l'un des deux mis en cause et que le couple de Couy était contre cette liaison ».

L'instruction, qui n'est pas achevée(*), devrait encore comprendre quelques interrogatoires et confrontations des deux mis en examen. Elle pourrait être close à l'automne, en vue d'un procès devant les assises du Cher au printemps 2011.

Estelle Bardelot



Source : http://www.leberry.fr/editions_locales/bourges/les_homosexuels_de_couy_disparus_et_retrouves_morts_avaient_ete_enterres_vivants@CARGNjFdJSsGFRsAChg-.html

samedi 17 avril 2010

Mandelieu : un fœtus de 7 mois jeté dans les égouts

Sordide. Macabre. Les qualificatifs manqueraient presque pour raconter la découverte qu’a faite, hier matin, un employé de la station d’épuration de la région cannoise. Vers 11 heures, alors que cet intérimaire effectue des contrôles de routine sur les différentes installations du site, son œil s’arrête sur une forme malheureusement trop familière. Un bras. Un bras de bébé. Seul. Là, au milieu des innombrables déchets du « bac à refus » de la station de Saint-Cassien, qui sert à filtrer les parties solides des eaux usées. Un temps, l’intérimaire pense, espère se tromper. Il aurait tant aimé que ce ne soit qu’un morceau de poupée. Mais impossible de nier l’évidence. 

Tous les scénarios sont envisageables

Alors, sans perdre une minute, il alerte ses supérieurs. Qui préviennent la brigade de gendarmerie de Mandelieu. Seulement, celle-ci, pas vraiment convaincue d’être compétente pour intervenir sur ce site, situé à la frontière de Cannes et Mandelieu, derrière l’aéroport, préfère se dessaisir au profit de la police nationale.

Ce sont donc les enquêteurs du commissariat de Cannes qui arrivent les premiers sur les lieux. Dès 12 h 30, un périmètre de sécurité est installé autour du bac. Puis, un premier verdict tombe. Sans appel. Il s’agit bien du membre d’un être humain. Alertés, le vice-procureur du tribunal de grande instance de Grasse et les membres de l’identité judiciaire de Nice (la police scientifique) rejoignent alors les équipes cannoises.

Et, aussitôt, ordre est donné par le parquet de vider le bac intégralement. Durant près de deux heures, les experts niçois grattent, fouillent dans les eaux boueuses. Un à un, ils transvasent les objets vers un autre bac. Jusqu’à une nouvelle odieuse découverte. Cette fois, c’est le crâne d’un bébé qui est exhumé des déchets. Un crâne qui permet d’en savoir un peu plus sur le corps. Sa forme et sa taille laissent penser qu’il s’agit d’un fœtus âgé d’environ sept mois. 

Cependant, impossible de savoir s’il est né vivant ou mort. Impossible aussi de déterminer le sexe. Ni même… la couleur de la peau. Car pour rejoindre ce bac, le bébé a baigné dans les eaux usées des égouts de l’ouest du département durant plusieurs jours. Sept probablement, selon des sources proches de l’enquête. Cependant, ces informations ne permettent pas de savoir d’où le bras et le crâne sont partis. Huit communes (Auribeau-sur-Siagne, Cannes, La Roquette-sur-Siagne, le Cannet, Mandelieu, Mougins, Pégomas, Théoule-sur-Mer) traitent leurs eaux usées dans cette station d’épuration. Avec si peu d’éléments, autant dire que la tâche des enquêteurs ne s’annonce pas aisée. La police de Cannes observe d’ailleurs le plus grand mutisme sur cette affaire, afin de ne pas faire obstacle aux futures recherches. Peut-être en saura-t-on davantage en fin de semaine après l’autopsie du bras et du crâne. Car, aujourd’hui, aucune piste n’est privilégiée.

On peut juste imaginer nombre de scénarios. Des scénarios au détestable goût de déjà-vu. On pense bien sûr à l’affaire Véronique Courjault et ses bébés congelés après un déni de grossesse. Mais d’autres hypothèses plus sordides encore pourraient bien expliquer cette découverte. « Pour peu que la mère soit déficiente mentale, tous les scénarios sont possibles, jure le professeur André Bongain, qui dirige le Pôle gynécologie obstétrique de l’hôpital L’Archet. On peut imaginer qu’elle s’est débarrassée du corps après avoir accouché seule d’un enfant mort. Mais on peut aussi penser qu’elle a agi sur ordre de sa famille qui ne voulait pas de l’enfant. Enfin, elle a, peut-être, accouché dans ses toilettes, sans s’en rendre compte, en croyant aller à la selle. Cela s’est déjà vu dans les Vosges… »





Source : http://www.nicematin.com/article/faits-divers/mandelieu-un-foetus-de-7-mois-jete-dans-les-egouts

lundi 5 avril 2010

Mystérieuse mort d’un vigile retrouvé au fond du canal


A la suite d’une altercation entre un vigile et un client qui voulait entrer après la fermeture d’un magasin, un conflit a éclaté. Quelques instants plus tard, le vigile disparaissait. Il a été retrouvé mort. 


Que s’est-il passé mardi entre 19 h 15 et 19 h 20 au bord du canal de l’Ourcq, à Bobigny ? Hier soir, les enquêteurs de la brigade criminelle de  tentaient toujours de percer le mystère de ces cinq minutes qui auront été fatales à Saïd, un des vigiles du magasin de bricolage Batkor. Hier après-midi, à 16 h 10, après plusieurs heures de recherches, le corps de ce père de famille de 35 ans, porté disparu depuis la veille au soir, a été retrouvé dans le canal situé derrière le magasin.

Quelques minutes avant sa disparition, une altercation avait éclaté sur le parking de ce supermarché. Six suspects interpellés à Pantin (Seine-Saint-Denis) mardi soir à 20 heures étaient hier toujours en garde à vue dans les locaux de la crim. Une autopsie du corps du vigile doit être réalisée ce matin à l’Institut médico-légal de 
Selon les premiers éléments de l’enquête, un jeune homme, « blond avec une queue-de-cheval et un tatouage » selon plusieurs témoins, s’est présenté mardi à l’entrée du supermarché, vers 19 h 10, soit dix minutes après la fermeture. Le maître-chien en faction lui aurait interdit l’entrée et, très vite, le ton serait monté. Les deux hommes en viennent aux mains. Un employé tente de les séparer mais la bagarre reprend. Selon un de ses collègues, Saïd aurait sorti sa bombe de gaz lacrymogène sans l’utiliser. A ce moment-là, selon deux témoins, le jeune homme blond aurait lancé : « On va te tuer. » Il serait ensuite allé dans sa voiture où l’attendait une jeune femme. C’est à ce moment qu’il aurait appelé des proches.
Moins de cinq minutes plus tard, quatre jeunes font irruption à l’entrée de Batkor. Trois auraient à nouveau essayé de pénétrer dans le magasin. Mais Saïd les en aurait empêchés en faisant cette fois usage de sa gazeuse. Alors que les employés se réfugiaient à l’intérieur, un des agresseurs présumés, furieux, aurait crié : « Je vais tuer ton chien. » Il aurait ensuite lancé une pierre en direction de l’animal, resté à l’extérieur. Inquiet, Saïd, qui adorait sa chienne Diana, est ressorti. « Vers 19 h 15, il est parti en direction du canal. Il était suivi par trois hommes, raconte un de ses collègues. Après, personne ne sait ce qu’il s’est passé. » Quelques minutes plus tard, un jeune aurait lancé avant de s’enfuir à pied : « Le vigile est tombé à l’eau, mais il est ressorti de l’autre côté de la rive. »
Paniqués, les employés se précipitent vers le canal. « Le chien de Saïd était dans le canal. On a réussi à le sortir, mais il restait sur place, comme si son maître était encore là », raconte un témoin. 
A 19 h 20, les policiers arrivent sur les lieux. Sur les berges du canal, ils retrouvent le blouson de Saïd, ses clés, sa gazeuse vide et un cric de voiture. Dans la Clio du jeune blond, restée sur le parking, ils découvrent un passeport avec une adresse à Pantin. C’est à cet endroit qu’ils interpellent six suspects, cinq hommes et une femme, âgés de 18, 19, 24, 25 et 26 ans, dont certains sont connus pour des faits de violence, d’outrages et rébellion. Hier soir, leurs auditions n’avaient pas permis d’en savoir plus sur ces cinq minutes fatales. Saïd a-t-il plongé ou glissé dans le canal pour échapper à ses agresseurs et s’est-il noyé ? A-t-il plongé pour sauver son chien ? A-t-il été poussé ? Les six gardés à vue maintenaient, hier soir, qu’ils ne l’avaient pas jeté à l’eau. 
Lors de leurs premières auditions, les suspects ont déclaré que Saïd avait proféré des insultes antisémites à leur encontre et qu’il ne les avait pas laissés entrer parce qu’ils étaient juifs. « Mais leurs dires ne sont corroborés par aucun témoin. Absolument rien n’indique à ce stade que cette affaire présente un caractère raciste », indiquait hier le parquet de Bobigny.