Huit mois que sa soeur Odile Varion dort en prison, mise en examen pour l'assassinat et la mutilation du corps de son concubin. Huit mois que Jacqueline n'en dort plus : « On vit un cauchemar ».
Odile Varion, 42 ans, mise en examen pour l'assassinat de son concubin, Didier Lacote, 51 ans, n'a jamais avoué. Elle nie l'avoir empoisonné. Puis d'avoir coupé en deux le cadavre congelé, avant de l'empaqueter dans des sacs-poubelle. Le corps mutilé découvert le 10 mars 2009 dans sa 306 garée à Dompierre-sur-Besbre (Allier), était abandonné depuis plusieurs jours d'après l'autopsie.
« C'est effroyable », s'effare la soeur aînée d'Odile : « Mais comment peut-on imaginer qu'elle, ce petit bout de femme, a pu avoir la force morale et physique de faire ça ? »
" Chacun fait sa vie de son côté "
D'après les éléments rendus publics, les gendarmes n'ont pas retrouvé la scie. Le congélateur non plus. Ni le lieu du crime. « Et même pas le mobile », estime Jacqueline, réfutant la jalousie. Didier Lacote menait une double vie, s'absentait souvent pour des relations sexuelles au fil de liens établis par Internet : « Ma soeur l'acceptait. Ils vivaient sous le même toit depuis vingt ans, à Jaligny puis à Vaumas, mais chacun faisait sa vie, et je n'ai jamais senti de tension à cause de ça ». « Une histoire de sexe qui a mal tourné », résume la soeur aînée.
Car l'argent, « ça ne tient pas non plus » : « Il n'y a pas d'assurance-vie et ils ne roulaient pas sur l'or. Lui était ouvrier chez PSA Peugeot Dompierre, elle à mi-temps au volant de son bus scolaire. La maison était aux deux. C'est bien tout ce qu'il leur restait en commun. Leur fille était interne la semaine, chez son copain le week-end ».
La contradiction du fils
Le fils, Adrien, 16 ans, est libre, mais il est toujours mis en examen avec sa mère. Il se serait contredit en garde à vue, assurant à un moment avoir vu son père au sol, comme mort, alors que sa mère faisait la vaisselle dans la pénombre. Elle lui aurait alors dit de remonter dans sa chambre, qu'elle « s'occupait de tout ».
Jacqueline Varion raille : « Délirant. Vous imaginez la scène ! » Les gendarmes aussi l'ont imaginée. Et s'ils n'ont pas retrouvé la scie, ils ont cumulé d'autres indices. De l'ADN d'Odile dans la voiture, côté conducteur ; des achats d'atropine, le collyre qui a tué Didier Lacote « en ingestion massive », précisent les analyses. Une bâche dans le coffre qui aurait dû se trouver dans la maison. Une photo de Didier Lacote affalé, l'air inanimé, a été effacée de l'ordinateur familial pendant que ses proches mettaient trois semaines à signaler sa disparition...
Jacqueline Varion a réponse à tout : « L'ADN, elle pouvait aussi se servir de la voiture. Le collyre, quelle femme n'achète pas parfois des médicaments pour son mari ? La bâche, lui-même la mettait dans le coffre pour aller à la déchetterie. Et il était déjà parti plus de quinze jours sans donner de nouvelles, en plus il avait prévenu de cette absence ».
Jacqueline Varion est convaincue : « À côté de ça, on sait que le 28 décembre, des gens qu'il fréquentait l'ont laissé à l'hôpital de Montluçon avec le dos lacéré, comme dans un jeu sado-maso. Un témoin a aussi vu trois personnes, un matin, mettre des sacs dans la voiture à Dompierre. Des monstres sont encore dehors et elle, elle est en prison ».
Éric MOINE
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