mercredi 18 novembre 2009

Ils l’avaient pendu pour un meuble volé

Ce 15 avril 2006, dans ce hangar de Montaren- Saint-Médiers, Philippe (1), pendu au-dessus d’une fosse à vidange, est à deux doigts de perdre la vie. 


Ce scénario incroyable est l’œuvre de Jean-Émile et Serge, ses agresseurs, jusqu’alors inconnus de la justice et mis en cause dans une affaire sordide qui aurait pu se terminer devant la cour d’assises.

Un peu plus tôt dans la journée, Philippe a vu débarquer Jean-Émile et Serge chez lui. Ces deux connaissances lui demandent de les accompagner pour le besoin d’une expertise sur un meuble. Philippe accepte sans se douter de ce qui l’attend. Le piège se referme ensuite sur le malheureux. Car, à Montaren-Saint-Médiers, après avoir bu une bonne partie de la matinée, Jean-Émile et Serge, particulièrement échauffés, n’ont qu’un 

but : récupérer un meuble que Philippe leur aurait volé. Philippe leur répond qu’il n’y est pour rien.

Dès lors, comme dans un mauvais film, après avoir menacé leur victime, les deux hommes lui attachent les mains dans le dos. Dans le hangar, ils le placent en équilibre sur quelques planches au-dessus de la fosse à vidange et le suspendent avec un linge autour du cou et une sangle à un palan de levage. N’obtenant pas de réponse, l’un des deux hommes aurait poussé l’une des planches. Philippe, pendu au-dessus de la fosse, perd connaissance. L’un de ses agresseurs le réanime. Philippe n’en est pas quitte pour autant car les deux hommes reviennent à la charge. A bout, il finit par demander un délai pour récupérer ce meuble dont il ne sait où il se trouve. Ses agresseurs l’auraient alors à nouveau suspendu au-dessus de la fosse, avant de le détacher et de le ramener chez lui, après l’avoir menacé. Choqué, Philippe porte plainte auprès de la gendarmerie d’Uzès.

« Comment a-t-on pu en arriver là ? », se sont interrogés, mardi, les magistrats lors du procès des deux agresseurs défendus par Mes Delran et De Prato devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Les deux prévenus n’ont guère d’explications à donner. « C’est vraiment fou ce qu’on a fait. Je regrette. C’était sous l’effet de l’alcool, a balbutié Jean-Émile, 61 ans, ancien patron puis salarié dans les travaux publics, résidant à Montaren-Saint-Médiers. Je ne savais plus où j’en étais. Mais il n’y a pas eu de deuxième pendaison. J’ai eu trop peur la première fois. » Serge, 42 ans, un Bagnolais, ouvrier depuis 17 ans dans la même entreprise, tient à peu près le même discours. Au nom de Philippe, Me Coudurier a réclamé 1 € de dommage et intérêts. « Il est terrorisé et vit aujourd’hui replié sur lui-même », a rappelé l’avocat. « C’est quelque chose que j’essaie d’oublier », a brièvement commenté Philippe.

Le tribunal a suivi les réquisitions du vice-procureur de la République. Les deux hommes, qui avaient déjà passé six mois en détention provisoire, n’ont finalement pas été écroués à l’issue du procès. Ils ont été condamnés à trois d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis et à verser 1 € à leur victime.


(1) Le prénom de la victime a été changé.


Source : Le Midi Libre http://www.midilibre.com/articles/2009/11/07/A-LA-UNE-Ils-l-avaient-pendu-pour-un-meuble-vole-988716.php5

1 commentaire:

  1. Ils ne bénéficient pas de l'excuse d'alcoolémie intense? Ou localement c'est considéré comme aggravant ?

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